OH MU

en première partie de LES LOUANGES

Aucune représentation prévue pour l'instant
Début 14:30

Difficile de mettre Oh Mu dans une case.

Véritable touche-à-tout, la jeune artiste de 24 ans navigue entre les médiums, les genres et les esthétiques pour construire son identité artistique propre, à la fois douce, réconfortante mais aussi radicale et contestataire.

Cet univers bouillonnant, Oh Mu l’a construit au fil des ans. Née dans la petite ville suisse de Martigny, elle débute son apprentissage musical au conservatoire local, dans lequel elle passera treize ans avant de s’orienter vers la bande dessinée. Sans délaisser la création musicale pour autant, elle se forme, de manière autodidacte, au maniement des logiciels de production. De ces expérimentations électroniques naîtront ainsi Needle et Le Feu, deux projets ardents et sensibles qui servent de préludes magiques à Oh Mu, nouvel EP éponyme.

Réfléchi comme une présentation plus affirmée, ce projet exprime les pensées les plus intimes et les convictions les plus fortes d’Oh Mu. Pour ce faire, la Suissesse a quitté les recoins confortables de sa chambre pour passer les portes du studio d’enregistrement. Une étape charnière qu’elle n’a pas franchi seule puisqu’elle fut accompagnée, au mixage et à la production, par Antoine Gaillet, producteur et ingénieur du son qui a notamment collaboré avec M83, Fishbach, ou encore Julien Doré.

Ressort de ces heures de découverte une proposition assez unique dans le paysage musical français. Influencé par des artistes aux univers aussi forts que Grimes ou encore Princess Nokia, Oh Mu s’est abreuvée de styles très différents pour en extraire un mélange audacieux à l’orée de l’électro, du hip-hop, et de la synth pop qui ne manque pas de charmer. Preuve en est : sa musique finit par séduire le groupe Bagarre, qui choisi de l’inviter à assurer la première partie de son concert à la Cigale en avril 2018.

Désireuse de s’affranchir des codes musicaux, Oh Mu entend également s’émanciper de la rigidité du monde dans lequel elle évolue. Dans l’urgent « La nuit en matin », celle qui a choisi de chanter en français pour mieux se faire comprendre, encourage à vivre sans compromis quand « Jeunes oubliés » rappelle, lui, la force d’une jeunesse souvent décrédibilisée. Une idée reprise sur un sample de yodel distordu et une basse bourdonnante sur « Sage », titre dans lequel l’artiste prend plaisir à faire valser les critiques dont elle a pu être l’objet.

Impérieux dans son ensemble, Oh Mu se conclut de façon plus calme et romantique. Alors que « Garçon sirène » raconte l’histoire d’amour vécue par deux personnes agenrées, l’instru délicate et envoûtante de « Stella » finit de nous entraîner dans son monde. Un monde dans lequel s’épanouit la liberté, entre expérimentation sonore et paroles salutaires, et au sein duquel le passé est balayé par la promesse d’un avenir plus radieux, ou du moins débarrassé des qu’en dira-t-on. « OH MU c’est un peu être punk pour moi  », décrypte d’ailleurs notre artiste. « C’est un projet qui dit : ”Voilà je suis comme ça, et tant pis si tu peux pas comprendre” ». 

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