Disponible
Jeu 6 mai 2021
Portes 19:30 / Début 20:30
Réserver Dès 35.-

Suzane, une "conteuse d'histoires vraies sur fond d'électro"

Une année a passé. Après un premier EP remarqué, Suzane a dépassé l’ombre de l’anonymat et accéléré la cadence. Les quelques concerts des débuts se sont transformés en une tournée gigantesque. Il n’y a pas eu de palier de décompression pour la jeune artiste sudiste. Du rien, au tout !

Comment l’expliquer ? Il y a eu les clips de « L’Insatisfait » puis de « SLT », qui sans attendre, ont conquis les cœurs. Cet EP a dévoilé une musique proche de l’os et des paroles sans fard, une poésie instantanée et brûlante, aux chorégraphies viscérales.

Suzane étouffe les évidences et chante ce que nous sommes. Chanson française ? Électro ? Très vite, les étiquettes n’ont plus d’importance. Suzane chante son époque, sans cynisme ni raccourci. Introspection pudique, elle incarne, elle ne triche pas. Elle mêle avec un naturel déconcertant et une énergie fédératrice la musique et les mots, les maux et les corps.

Esthétique mouvante, mélodies au dépouillement salutaire. Jusqu’à devenir l’artiste la plus programmée des festivals de l’été dernier, tout simplement.

Les médias l’ont adoptée avec une légitime bienveillance. Les chiffres se sont affolés : avec seulement cinq titres dévoilés jusqu’alors, Suzane représente déjà plus de quinze millions de streams, des concerts partout dans le monde, jusqu’au Japon et en Chine, des premières parties pour Feder ou -M- (plusieurs Zéniths et un AccorHotels Arena de Paris en point d’orgue…) et des rendez-vous parisiens à guichets fermés aux Etoiles puis à la Gaîté Lyrique et désormais au Trianon en mars 2020.

Puis est venu le temps de son premier album, dont le titre aux sonorités russes est en fait de l’allemand : « Toï Toï ». Dans les arts de la scène, c’est ce que l’on se dit pour se souhaiter bonne chance avant une représentation. Affaire de superstition donc. Et puis, plus joli que le mot de Cambronne…

« La première fois que je suis montée sur scène, on m’a dit « Toï Toï ». Ça ne m’a jamais quittée depuis… ».  Phonétiquement, c’est encore le jouet, en anglais. Et Suzane aime jouer : se jouer des codes, et faire jouer ses histoires et ses personnages. Les petits mondes qu’elle édifie grâce à ses chansons, elle y tient. Ils lui sont chers ! Car ce sont des histoires vraies qu’elle nous conte. Alors qu’elle pratique la danse classique au conservatoire depuis quinze ans, elle se passionne pour la chanson réaliste (Brel, Piaf, Barbrara…). Exaspérée par les diktats imposés par la danse à haut niveau, elle envoie tout valser et prend un job de serveuse. Ses clients deviennent une source d’inspiration, des acteurs qui sans le savoir nourrissent sa prose. Suzane conte des histoires du quotidien, des gens, la vie. D’une anecdote personnelle, Suzane possède ce don d’en faire une vérité qui nous saute aux yeux.

Suzane ne gamberge pas, malgré l’accélération démentielle des choses, malgré l’accueil d’un public de plus en plus nombreux. D’espoir, elle est devenue phénomène. C’est la presse hexagonale qui le dit. Suzane ne veut rien céder à la trouille et aux doutes. Elle avance. Elle grandit presque sous nos yeux. Entre instinct et patience, elle a rencontré son destin et est bien décidée à ne plus le lâcher. 

Sur ce disque à la fois fier et inclassable, Suzane a composé des missiles à tête chercheuse. Des chansons qui ne font pas de prisonnier. Subtil croisement des genres, où les émotions ne sont jamais galvaudées. Ce disque est saisissant et furieusement vivant. Addictif, évident.

« Toï Toï » est là. C’est un disque qui risque de faire date. Rarement une artiste aura aussi bien décrypté son époque, sans slogan ni drapeau. Avec une générosité pas dupe et une soif inextinguible d’aventure sans filet. Suzane est prête.

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