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Sam 7 août 2021
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Noé Preszow, "À nous" de l’écouter

« Nous marcherons mille autres lunes, mille autres jours avant demain
Avant que demain ne nous prenne les copeaux d’espoir que l’on tient
Traverserons mille autres dunes avec nos défauts nos faux pas
Avec nos semelles de brume qui que l’on soit… »

C’est « À nous » que parle l’artiste bruxellois de 25 ans. À nous qui, comme lui, avons du mal à trouver notre place, à nous positionner. Noé Preszow (prononcer Prèchof), envisage un monde où solitude et solidarité cohabitent, se complètent. Dans plusieurs chansons qui figureront sur son album à paraître chez Tôt Ou Tard, il est question d’amitié. Que le dialogue soit rompu (« Je te parle encore »), que le départ soit imminent (« Cette route-là »), que la fête soit impossible (« Que tout s’danse »), ou que la vie soit finie (« Les poches vides », dans le décor des années 70), la complicité rêvée ou empêchée est omniprésente.

Pourtant, adolescent, il était une « bande de jeunes à lui tout seul » (comme le lui soufflait alors Renaud), s’évertuant à conserver son autonomie et à ne pas trop s’encombrer d’attaches. Alors d’où lui viennent ces souvenirs d’amitiés radieuses, « à l’âge où l’on peut tout devenir » ? Il mélange, décompose, recompose, puisant tour à tour dans des souvenirs réels ou imaginaires.

Noé a la mélancolie du transfert. Plus visionnaire que nostalgique. Son rapport à la mémoire est « une contradiction maladive et vitale », comme il dit. Il navigue contre et avec sa mémoire. Son histoire familiale et ses racines grecques, polonaises et moldaves nous parviennent tantôt par fragments introspectifs (« Jamais »), tantôt au travers de chansons évoquant l’exil (« Cet enfant paraît-il »). Car s’il s’inspecte et se défie lui-même, c’est aussi dans sa nature d’ouvrir grand les fenêtres et de porter son regard là-bas, au plus proche de la frontière. Comme une vocation de vouloir faire sauter les murs, défaire les grillages. Alors il chante la marche émancipée, encore et toujours, (« À nous », « J’entends d’ici »), se promettant de le faire jusqu’à ce que la terre soit à tout le monde. Parce qu’il a ça dans le sang.

Les mots qu’il manipule traduisent une empathie pour l’être humain. À nous de l’écouter, à nous de le suivre avec nos semelles de brume, à nous de croire en de nouvelles utopies, à nous d’aimer les grands poètes dont la voix de Noé Preszow résonne tel un écho revigorant. À nous de croire en un nouveau monde.

À nous qui débordons dans les rires et les larmes
Qui ne faisons pas le deuil de nos jours de flamme
Quand on avait 10 ans à grandes enjambées
Pédalant, pédalant pour l’éternité…

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