Barbagallo

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C’est un mouvement qui gronde partout dans nos contrées, gracieusement mais sûrement : il faut réinventer la manière dont on chante la langue française, dont on se l’approprie, dont on la fait muter.

Julien Barbagallo en est un exemple dans le pays de Gainsbourg, comme l’est aussi un Sébastien Tellier. Explorateur de longue date des marges de la chanson francophone avec son groupe Acquaserge qui avait ouvert pour Stereolab au RKC en 2008, ou en accompagnant de Bertrand Burgalat ou Tahiti 80, Barbagallo est connu depuis plusieurs années comme le batteur de l’institution Tame Impala. Les Australiens l’ont surnommé « Big Dog » et l’ont poussé à se réinventer. Son second album, sur lequel il joue tous les instruments, s’appelle Grand Chien et c’est une révélation. A la fois grave et gracile, le mélange est de l’ordre de l’alchimie : de la grande pop française produite au cordeau (et mixée par Rob & Jack Lahana, qui ont fait des merveilles sur les disques de Phoenix ou Sebastien Tellier) qui lévite entre la rocaille et la mésosphère, lettrée mais jamais pesante, excentrique mais jamais compliquée, intimiste mais jamais excluante. Avec son histoire, ses désirs de musique, sa nostalgie et sa pudeur aussi, Barbagallo s’est construit un territoire intermédiaire accueillant et étrange, un old weird country de paysages agité de bourrasques intimes, foulé de corps astraux et de chairs sublimes.

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