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Mer 19 juillet 2017

Fishbach

Dès les premières secondes du morceau d’ouverture Tu vas vibrer, la voix de Fishbach, 24 ans, tantôt douce comme un souffle, tantôt d’une âpre rugosité, intrigue et fascine. Un chant sans âge et profond qui résonne comme une incantation.

Après une enfance passée entre la Normandie et Charleville-Mézières dans les Ardennes, Flora, encore adolescente, décide de quitter l’école. Elle enchaîne alors toutes sortes de petits boulots : vendeuse de chaussures, photographe sportive, guide touristique… Arrivée à la musique sur le tard et après avoir chanté pour différents projets, elle se met à écrire ses propres chansons. Elle s’isole alors dans son « purgatoire » (le petit nom qu’elle donne au grenier de la maison familiale) et enregistre seule et avec les moyens du bord - un ordinateur portable, une micro bon marché et une vieille telecaster - une série de maquettes. Et c’est sous l’identité de Fishbach (son nom de famille allégé d’une lettre) , charismatique personnage pop et androgyne, qu’elle décide de porter sa musique sur scène.

Directement issus des enregistrements réalisés chez elle, c’est avec la complicité de Stéphane « Alf » Briat que Fishbach peaufine quatre chansons choisies parmi les dizaines écrites. En résulte un disque singulier, comme suspendu entre plusieurs époques. Tu vas vibrer, inquiétante berceuse, ouvre le bal. Puis le rythme s’accélère et les décors défilent : ici une plage onirique sur le single Mortel, là un dédale urbain sur Béton mouillé.

Car à travers ses chansons d’amour et de ténèbres, tour à tour clamées face à l’océan ou chuchotées à notre oreille, Fishbach semble nous raconter notre propre histoire, nos joies intimes et peurs secrètes. À l’instar de la très belle adaptation de Night Bird de Bernard Lavilliers - rebaptisée ici Petit monstre - qui clôt le disque. Et sa voix de continuer à vibrer longtemps après.

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